DALF C1 · Compréhension des écrits

Simulacre 2

Durée : 50 minutes

Questions : 20 (2 tâches)

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Conseil : lisez les questions avant les textes pour mieux cibler votre lecture.

50:00
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Tâche 1

Questions 1–10

Lisez cet article et répondez aux questions (1–10) en choisissant la bonne réponse (A, B ou C).

L'ubérisation du travail : liberté ou nouvelle forme de servitude ?

L'essor fulgurant des plateformes numériques a profondément remodelé le paysage de l'emploi en l'espace d'une décennie. Sous le vocable d'« ubérisation », l'économie de plateforme promettait à l'origine une émancipation vis-à-vis du salariat traditionnel. En offrant flexibilité, autonomie et suppression des hiérarchies intermédiaires, ce modèle séduisait une génération désireuse de conjuguer activité professionnelle et liberté individuelle. L'indépendance, érigée en vertu cardinale, devait permettre à chacun de devenir son propre patron.

Néanmoins, l'enthousiasme initial a rapidement cédé la place à une réalité plus nuancée, voire préoccupante. Derrière le mirage de l'entrepreneuriat de soi, de nombreux observateurs pointent du doigt une précarisation rampante des travailleurs. Le statut de travailleur indépendant, s'il exonère les plateformes des cotisations sociales et des contraintes du droit du travail, prive également les exécutants des filets de sécurité fondamentaux : assurance chômage, congés payés, et protection contre les accidents du travail. La flexibilité tant vantée se transforme ainsi souvent en une vulnérabilité chronique face aux aléas de la vie.

Par ailleurs, l'autonomie promise est largement illusoire. Les algorithmes, qui régissent l'attribution des tâches et la tarification, opèrent de manière opaque et asymétrique. Les travailleurs se retrouvent subordonnés à une gestion algorithmique qui dicte leur comportement, évalue leurs performances de manière unilatérale et peut les déconnecter arbitrairement. Cette subordination de fait, sans les garanties du salariat, a poussé plusieurs juridictions internationales à requalifier ces relations contractuelles en contrats de travail, provoquant des séismes juridiques dans le modèle économique de ces géants du numérique.

Au-delà de la stricte question juridique, c'est l'avenir même de notre modèle social qui est en jeu. Si l'ubérisation répond incontestablement à une demande des consommateurs pour des services instantanés et bon marché, elle interroge la soutenabilité de nos systèmes de solidarité nationale. La transition vers une économie de la tâche (gig economy) appelle donc à repenser notre pacte social, afin d'inventer de nouveaux droits qui protègent les travailleurs indépendants sans étouffer l'innovation technologique.

1
Selon le premier paragraphe, quelle était la promesse initiale de l'ubérisation ?
2
Comment l'indépendance est-elle perçue au début du phénomène ?
3
Dans le deuxième paragraphe, quelle critique principale est adressée à l'ubérisation ?
4
Pour les plateformes, quel est l'avantage du statut de travailleur indépendant ?
5
Selon l'auteur, l'autonomie des travailleurs des plateformes est :
6
Quel rôle jouent les algorithmes dans cette économie ?
7
Comment la justice a-t-elle réagi dans certains pays face à cette situation ?
8
Quelle conséquence la demande de services instantanés a-t-elle sur la société ?
9
Que préconise l'auteur à la fin de l'article ?
10
Quel est le ton général de ce texte ?
Tâche 2

Questions 11–20

Lisez cet article et répondez aux questions (11–20) en choisissant la bonne réponse (A, B ou C).

La mode éphémère : un modèle insoutenable ?

La "fast fashion", ou mode éphémère, a révolutionné l'industrie de l'habillement en démocratisant l'accès aux dernières tendances. Ce modèle économique repose sur un renouvellement frénétique des collections, souvent toutes les deux semaines, afin de susciter un désir constant de nouveauté chez le consommateur. Si cette accessibilité a permis à une large frange de la population d'exprimer son identité à travers des vêtements abordables, les coûts cachés de cette surconsommation sont aujourd'hui au cœur des débats environnementaux et éthiques.

Sur le plan écologique, l'impact de cette industrie est désastreux. La production de vêtements à bas prix exige des quantités astronomiques d'eau et génère une pollution massive, notamment via les teintures toxiques déversées dans les cours d'eau des pays producteurs. De plus, l'utilisation prédominante de fibres synthétiques, dérivées de la pétrochimie, contribue à la diffusion de microplastiques dans les océans à chaque lavage. Enfin, le cycle de vie extrêmement court de ces vêtements, souvent jetés après quelques usages, alimente des montagnes de déchets textiles, dont une infime partie est réellement recyclée.

L'aspect humain n'est guère plus reluisant. Pour maintenir des prix défiant toute concurrence, les grandes enseignes délocalisent leur production dans des pays où la main-d'œuvre est bon marché et le droit du travail quasi inexistant. Les tragédies telles que l'effondrement du Rana Plaza au Bangladesh en 2013 ont mis en lumière les conditions de travail déplorables, les salaires de misère et l'absence de sécurité auxquels sont soumis des millions d'ouvriers du textile. Malgré les promesses de transparence et les chartes éthiques brandies par les marques, la pression sur les sous-traitants pour produire toujours plus vite et moins cher reste systémique.

Face à ce constat accablant, une prise de conscience émerge, portée par la "slow fashion". Ce mouvement prône un retour à la qualité, à la durabilité et à la production éthique. Il encourage les consommateurs à privilégier les vêtements de seconde main, l'upcycling ou les marques éco-responsables. Toutefois, la transition vers une mode véritablement durable se heurte à la force de l'habitude et au pouvoir d'attraction des prix bas, soulignant la nécessité d'une législation contraignante pour encadrer les pratiques des multinationales de l'habillement.

11
Quel est l'objectif principal du renouvellement rapide des collections dans la fast fashion ?
12
Quel a été l'avantage initial de la fast fashion pour le grand public ?
13
Quelle est l'une des conséquences écologiques mentionnées dans le texte ?
14
Pourquoi les fibres synthétiques sont-elles critiquées par l'auteur ?
15
Que deviennent la majorité des vêtements issus de la fast fashion ?
16
Quel événement historique est cité pour illustrer les dérives de l'industrie ?
17
Comment l'auteur juge-t-il les chartes éthiques adoptées par certaines marques ?
18
Qu'est-ce que la "slow fashion" ?
19
Quel est l'obstacle principal à la transition vers une mode durable ?
20
Selon la conclusion du texte, quelle solution est indispensable pour changer les pratiques ?

Vérifiez vos réponses avant de soumettre.

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