| la phénoménologie /fenɔmenɔlɔʒi/ | courant philosophique étudiant les structures de l'expérience consciente (Husserl, Heidegger) | La phénoménologie de Husserl part du vécu immédiat de la conscience pour reconstruire le monde. |
| l'herméneutique /ɛʁmeneytik/ | théorie et pratique de l'interprétation des textes et des actions humaines (Ricoeur, Gadamer) | L'herméneutique de Ricoeur montre que comprendre un texte exige de saisir son horizon de sens. |
| la déconstruction /dekɔ̃stʁyksjɔ̃/ | méthode de lecture qui dévoile les tensions et contradictions internes d'un texte (Derrida) | La déconstruction derridienne révèle comment tout texte mine sa propre prétention à l'unité. |
| l'épistémè /epistemɛ/ | configuration inconsciente de savoirs définissant ce qui est pensable à une époque (Foucault) | Foucault montre que chaque époque possède une épistémè qui délimite le champ des discours possibles. |
| la biopouvoir /bjopuvwaʁ/ | forme de pouvoir qui s'exerce sur les populations par la régulation des corps et de la vie (Foucault) | Le biopouvoir se manifeste dans les politiques de santé publique, de reproduction et de discipline sociale. |
| la trace /tʁas/ | concept derridien désignant la marque différentielle qui structure toute signification sans présence pleine | Pour Derrida, la trace est ce qui reste quand la présence s'est effacée — le fondement de l'écriture. |
| l'altérité /alteʁite/ | qualité de ce qui est radicalement autre, irréductible au même — central chez Levinas, Derrida | Levinas fonde l'éthique sur la responsabilité absolue envers l'altérité du visage de l'autre. |
| la déconstruction du sujet /dekɔ̃stʁyksjɔ̃ dy syʒɛ/ | remise en cause du sujet unitaire et autonome de la modernité, au profit d'un sujet fragmenté | La déconstruction du sujet chez Lacan et Derrida révèle un 'je' fissuré, divisé par le langage. |
| le simulacre /simylakʁ/ | copie sans original, représentation qui se substitue au réel jusqu'à le remplacer (Baudrillard) | Baudrillard voit la société contemporaine comme un univers de simulacres où le réel a disparu. |
| la rhizome /ʁizɔm/ | modèle de pensée non hiérarchique, à entrées multiples, sans centre ni racine (Deleuze-Guattari) | Deleuze et Guattari opposent le rhizome à l'arbre : un réseau horizontal sans racine unique. |
| la biopolitique /bjɔpɔlitik/ | politique qui prend pour objet la vie biologique des populations plutôt que les individus (Foucault) | La biopolitique du XIXe siècle invente la notion de 'race' et de 'population' comme objets de gouvernement. |
| l'intersubjectivité /ɛ̃tɛʁsybʒɛktivite/ | rapport entre sujets conscients qui se reconnaissent mutuellement comme sujets | Habermas fonde l'éthique de la discussion sur l'intersubjectivité des participants au dialogue. |
| le signe (Saussure) /siɲ/ | unité linguistique composée d'un signifiant (image acoustique) et d'un signifié (concept) | Pour Saussure, le rapport entre signifiant et signifié est arbitraire et conventionnel. |
| la différance /difeʁɑ̃s/ | néologisme de Derrida désignant le double mouvement de différence et de renvoi perpétuel dans le langage | La 'différance' (avec a) joue sur différer/différer : le sens ne cesse de se déplacer. |
| la phronèsis /fʁɔnezis/ | sagesse pratique ou prudence — vertu aristotélicienne de discernement dans l'action contextuelle | La phronèsis est la vertu du juge qui sait adapter les principes généraux aux cas particuliers. |